Guggul et hypothyroïdie

La résine de guggul: un trésor millénaire au service de la thyroïde

Pourquoi guggul et hypothyroïdie font-ils bon ménage ?

Le guggul, extrait résineux de l’arbuste Commiphora mukul, est réputé en médecine ayurvédique depuis des millénaires. Il offre une panoplie de bienfaits, notamment pour soutenir la fonction thyroïdienne! Une amie praticienne en herboristerie m’a récemment sollicitée pour un conseil sur l’utilisation de la plante dans le cadre d’un suivi bien-être ciblant l’hypothyroïdie. Cette demande a éveillé en moi l’envie de creuser le sujet et de vous en offrir un article. Car cette plante – ou plus précisément sa résine – demeure méconnue, alors qu’elle recèle un potentiel fascinant, notamment lorsqu’on prend le temps de la transformer soi-même à la maison.

Alors découvrons ensemble ses vertus uniques !

Guggul et hypothyroïdie : action globale

Cette plante est très utilisée en médecine ayurvédique. On l’emploie pour aider la personne à perdre du poids et à améliorer sa lipidémie sanguine (1). Tiens, d’ailleurs, serait-il possible que ces kilos en trop et cet excès de gras dans le sang soient dus à une thyroïde en hypofonction ? Car ils font partis des symptômes classiques de l’hypothyroïdie. C’est ce que les études semblent nous suggérer effectivement : des études sur animaux 🙁 ont démontré que le guggul améliore la concentration sanguine en T3 et le taux T3/T4. Les bienfaits de l’association guggul et hypothyroïdie s’expliquerait donc par une meilleure conversion de T4 et T3, la forme active au niveau cellulaire (2). On constate aussi, dans ces mêmes études, une meilleure fixation de l’iode au niveau thyroïdien : n’oublions pas que pour fabriquer la T4, il faut 4 molécules d’iode. Et enfin, le guggul semble favoriser une meilleure oxygénation cellulaire, une fonction à la base d’une bonne énergie et vitalité (3).

Propriétés anti-hyperlipidémiques et soutien vasculaire

Depuis des siècles, le guggul est reconnu dans la tradition ayurvédique comme un allié précieux pour équilibrer les désordres métaboliques, en particulier ceux liés au sang. Et ce savoir ancestral trouve aujourd’hui un écho dans les recherches scientifiques modernes. Les études ont démontré que cette résine précieuse peut agir efficacement pour réduire les taux de lipides sanguins lorsque ceux-ci dépassent les seuils considérés comme sains.

Le guggul semble en effet jouer sur plusieurs fronts : il contribue à abaisser le cholestérol total tout en s’attaquant aux particules de LDL – ces fameuses lipoprotéines souvent qualifiées de « mauvais cholestérol ». En parallèle, il participe à la réduction des triglycérides, ces graisses circulantes dont l’excès peut, lui aussi, peser lourd sur le fonctionnement cardiovasculaire.

Cet effet régulateur repose sur les principes actifs spécifiques de la résine, notamment les guggulstérones, qui agissent comme des modulateurs naturels du métabolisme lipidique. Ainsi, le guggul ne se contente pas d’être un simple « nettoyeur » de sang ; il aide en profondeur à rééquilibrer des mécanismes souvent déréglés par notre mode de vie moderne. 

Les études montrent ainsi que le guggul apporte un effet protecteur sur toute la sphère cardiovasculaire, en permettant une meilleure régulation des lipides sanguins, en prévenant la formation de plaque artérielle, en réduisant l’inflammation systémique facteur de risque. Guggul et hypothyroïdie font donc bon ménage vu que la personne a aussi un risque accru de troubles cardiovasculaire, cet effet protecteur sera salutaire. Un remède intemporel et incisif pour un problème bien trop contemporain donc.

Guggul et hypothyroïdie : aide à la perte de poids

Dans la sagesse ancestrale de l’Ayurvéda, le guggul est bien plus qu’une résine : il est un allié dans la lutte contre les déséquilibres du corps, notamment le surpoids et l’obésité. Recommandé pour « alléger » le corps autant que l’esprit, il incarne cette approche holistique où chaque substance naturelle agit à la fois en profondeur et avec subtilité.

Les recherches modernes, notamment les études menées sur des modèles animaux, viennent confirmer ce que les traditions savaient déjà intuitivement. Le guggul stimule l’activité des enzymes lipolytiques, ces véritables « artisans du déstockage » qui incitent l’organisme à puiser dans ses réserves de masse adipeuse. En clair, il ne se contente pas de limiter l’accumulation des graisses ; il dynamise le métabolisme et enclenche un processus actif de brûlage des graisses déjà stockées.

Cette action lipolytique est d’autant plus intéressante qu’elle semble s’inscrire dans une logique globale d’harmonisation du corps. Là où certains remèdes modernes s’attaquent aux symptômes de l’excès de poids sans en questionner la cause, le guggul agit comme un rééquilibrant : il soutient un métabolisme ralenti, favorise la dépuration et s’intègre parfaitement à une démarche de mieux-être global.

Effet anti-inflammatoire

Le guggul inhibe la synthèse de plusieurs interleukines, du facteur de nécrose tumorale alpha, tous considérés comme médiateurs pro-inflammatoires (4). Il fait également baisser les niveaux de protéine C-réactive, un marqueur d’inflammation systémique souvent mesuré sur un bilan sanguin (4). Comme nous l’avons vu, l’inflammation est sous-jacente de quasiment tous les problèmes chroniques de thyroïde, les formes auto-immunes en particulier. Le guggul peut donc calmer l’inflammation qui fait rage au niveau de la thyroïde.

Guggul et hypothyroïdie
Résine de Guggul

Fabriquez votre teinture maison

Pourquoi ne pas intégrer ce remède ancestral à votre routine quotidienne ? Voici une recette simple pour préparer une teinture de guggul :

  1. Ingrédients :

    • 100 g de poudre de résine de guggul.

    • 500 ml de rhum à 55° (ou tout autre alcool fort).

  2. Matériel :

    • Un bocal hermétique, un filtre à café, un entonnoir et une bouteille en verre sombre.

  3. Utilisation:
    • Vous trouverez la résine de guggul sous forme de morceaux, poudre en gélules, ou poudre en vrac chez certains laboratoires de plantes ayurvédiques, ou même dans certaines herboristeries. J’aimerais vous expliquer comment fabriquer un extrait hydroalcoolique de guggul, qu’on appelle aussi une « teinture ». Je vous explique les étapes, c’est très simple. Vous placez 100 g de poudre dans un bocal et vous versez par-dessus 500 ml, donc 1/2 litre, d’un rhum à 55°. Pourquoi j’ai choisi un rhum ? Car il me permet de monter à 55°, ce qui est nécessaire vu que les résines requièrent un alcool fort pour être dissoutes (d’ailleurs si vous arrivez à vous procurer de l’alcool à 70° ou 96° c’est encore mieux !). Vous laissez macérer pendant une dizaine de jours en remuant tous les jours. Ensuite, au bout de 10 jours, vous filtrez le tout au travers d’un filtre à café placé dans un entonnoir sur une bouteille, vous jetez les résidus. Et le tour est joué. 

  4. Dosages : Pour les dosages, en général, on recommande environ 1 g de poudre par prise, de 1 à 2 fois par jour, ce qui représente une petite cuillère à café de ce liquide par prise. Vous placez cette cuillère dans un peu d’eau et vous buvez. C’est un peu amer et résineux, mais ça passe. Cela dit, avant d’utiliser une telle dose, commencez par une 10’aine de gouttes, voyez comment ça passe, et montez graduellement. A noter également que la teinture se trouble à l’eau, ce qui est typique de toutes les teintures de résine. C’est vraiment comme le Pastis en fait. Et ça colle aux parois du verre (donc il y a une petite perte et parfois c’est un peu dur à nettoyer).
  5. Contre-indications: Contrindiquée pendant la grossesse et l’allaitement, chez les enfants et si hyperthyroïdie. On peut développer une allergie à ces résines, donc prenez une toute petite quantité d’abord pour voir si vous réagissez bien. Certaines personnes ayant les intestins fragiles peuvent réagir avec un transit accéléré (diarrhées). On note dans la littérature qu’il peut parfois y avoir aussi des éruptions cutanées ou des maux de tête.  Interaction possible avec les médicaments suivants : propanolol et diltiazem (source : BSH), anticoagulants.

Pour rappel: je ne suis ni médecin, ni pharmacien. Un conseil en phytothérapie ne remplace pas un avis médical. Il est important de noter que l’utilisation du guggul pour les problèmes thyroïdiens ne remplace pas les traitements médicaux prescrits par un professionnel de santé. Si vous souffrez de problèmes thyroïdiens, il est essentiel de consulter votre médecin pour un diagnostic approprié et un traitement adapté à votre situation particulière. 

Vous pouvez télécharger mon PDF gratuit sur les troubles thyroïdiens ici

Guggul et hypothyroïdie
Teinture de résine de Guggul maison

Références guggul et hypothyroïdie

  1. https://www.wikiphyto.org/wiki/Guggul 
  2. Panda S., Kar A. Gugulu (Commiphora mukul) induces triiodothyronine production: possible involvement of lipid peroxidation. Life Sciences. 1999;65(12):137–141. doi: 10.1016/s0024-3205(99)00369-0. [PubMed] [CrossRef] [Google Scholar]
  3. Tripathi Y. B., Malhotra O. P., Tripathi S. N. Thyroid stimulating action of Z-guggulsterone obtained from Commiphora mukulPlanta Medica. 1984;50(1):78–80. doi: 10.1055/s-2007-969626. [PubMed] [CrossRef] [Google Scholar]
  4. https://ar.iiarjournals.org/content/anticanres/28/6A/3647.full.pdf

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