L'Actée à grappes noires pour l'endométriose

Vous vous en doutez, je tends l’oreille dès que j’entends parler d’une plante pour l’endométriose que je n’aurai pas testée ! Je sirotais donc mon thé matinal en relisant un document juridique pour la Guilde Française des Praticiens en Herboristerie, avec en fond sonore mon cours du Materia Medica de Floramedicina. A cet instant, j’entends Caroline Gagnon s’exclamer : « C’est MA plante préférée pour les douleurs d’endométriose » ! Ni une ni deux je stoppe ma lecture, et je me penche sur la vidéo de Caroline. J’adore littéralement sa manière de nous parler des plantes et ses retours empiriques issus de sa longue expérience et expérimentation avec le végétal. Et puis ce petit accent québécois me fait voyager malgré moi ! 😊

C’est une plante que je connais théoriquement mais je n’ai encore jamais travaillé avec. En France elle est assez connue sous forme de gélules pour les bouffées de chaleur liées à la ménopause, mais son utilisation sous forme de teinture ou autre reste assez rare.

Description botanique de la plante

L’actée à grappes noires, également connue sous le nom d’Actaea racemosa (ou Cimicifuga racemosa) ou « Black cohosh » en anglais, est une plante originaire d’Amérique du Nord, traditionnellement utilisée par les peuples autochtones pour ses propriétés médicinales. Au XIXe siècle, les médecins éclectiques l’utilisaient en gynécologie, mais également pour traiter l’arthrite et le rhumatisme. Cette plante fait partie de la famille des Renonculacées. Plante à statut écologique précaire et très récoltée à l’état sauvage aux États-Unis.

  1. Apparence: c’est une plante vivace qui peut atteindre jusqu’à 2 mètres de hauteur. Elle se caractérise par une tige dressée et robuste, généralement ramifiée à la partie supérieure. Les feuilles sont alternes, composées et divisées en segments dentelés. Les feuilles sont vert foncé et brillantes.
  2. Fleurs : elles sont petites et blanches, regroupées en grappes dressées au sommet de la tige. Chaque fleur est constituée de plusieurs pétales blancs et de nombreuses étamines jaunes.
  3. Racine: la racine de l’actée à grappes noires est un rhizome noirâtre et noueux, d’où son nom commun « black cohosh » en anglais. Les rhizomes sont généralement récoltés pour un usage médicinal.
  4. Habitat: la plante pousse dans les zones boisées et ombragées, le long des cours d’eau et dans les clairières des forêts tempérées de l’Amérique du Nord, notamment dans les régions de l’est des États-Unis et du Canada.
  5. Période de floraison: la plante fleurit généralement de juin à septembre, produisant des grappes de fleurs blanches distinctives qui attirent les pollinisateurs tels que les abeilles et les papillons.
Actée à grappes noires - Cimicifuga racemosa

Ses usages traditionnels

Plante de la sphère gynécologique, l’actée à grappes noires est largement reconnue pour son utilisation dans le soulagement des symptômes liés à la préménopause et ménopause, tels que les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, les troubles de l’humeur et les troubles du sommeil. Elle est souvent utilisée comme alternative naturelle aux thérapies hormonales substitutives (THS) chez les femmes ménopausées, en raison de son action régulatrice sur les hormones.

En 1875, un remède populaire auprès des femmes, le Lydia Pinkham’s Vegetable Compound, était très réputé aux États-Unis. L’actée occupait une des premières places dans la composition originale de ce remède utilisé pour soulager le stress menstruel et la tension nerveuse.

Et pour l’endométriose ?

L’actée à grappes noires est également utilisée pour soulager les douleurs menstruelles et les crampes associées aux règles douloureuses (1).

Elle est appréciée pour ses propriétés antispasmodiques, analgésiques et anti-inflammatoires, qui peuvent aider à détendre les muscles de l’utérus et à réduire l’intensité des crampes menstruelles. Elle est l’une des plantes les plus intéressantes pour l’endométriose et les névralgies ovariennes, probablement parce qu’elle bloque les sites récepteurs aux œstrogènes. L’actée noire semble produire un effet régulateur hormonal par plusieurs voies. Certains de ses composants se fixent aux récepteurs lorsque les œstrogènes sont trop abondants, tandis que d’autres stimulent la formation d’œstrogènes lorsque leur taux est trop bas. Selon une étude, les niveaux de LH et FSH restent normaux et son mécanisme d’action sur les œstrogènes résiderait au niveau des neurotransmetteurs (Seidlova-Wuttke et al. 2006)(2).

On a donc longtemps cru que la plante était oestrogénique, ce qui soulevait des inquiétudes quant à son utilisation par des femmes ayant eu un cancer hormono-dépendant. Ces doutes ont pu être levés grâce à de récentes analyses car elle agirait plutôt sur les récepteurs de la sérotonine (3).

Elle agit aussi au niveau du système neurovégétatif : SPM (Syndromes Prémenstruels) intenses, douleurs avec vomissements, gros spasmes, gros caillots (aide à ce que l’évacuation des résidus de l’endomètre se fasse plus efficacement), stagnations, inflammation et congestion globale du bassin, anxiété et syndrome dépressif, maux de tête spastiques.

Plusieurs études différentes qui mesuraient différents symptômes de ménopause, ont comparé l’usage de l’actée noire à des œstrogènes synthétiques combinés à des anxiolytiques synthétiques (Diazépam) et ont démontré que l’actée semble plus efficace que les deux médicaments ensemble. (Pizzorno et Murray, Text Book of Natural Medicine, p. 849) (4).

Conseils d’utilisation

Il s’agit d’une plante puissante à prendre à petit dosage du fait de son action sur le système nerveux. A savoir que la plante n’est pas libérée de son monopole pharmaceutique (liste A de la Pharmacopée Française) et que les usages traditionnels en herboristerie sont issus des pratiques nord-américaines et canadiennes :

  • Extrait standardisé : ils se présentent souvent sous la forme de comprimés de 20 mg contenant 1 mg de 27-déoxyactéine. Il est conseillé de prendre 1 à 2 comprimés (équivalent à de 1 mg à 2 mg de déoxyactéine), 2 fois par jour. C’est ce type d’extrait qui a été le plus souvent utilisé au cours des études cliniques. On trouve aussi des extraits standardisés contenant des glucosides triterpéniques à 2,5 %; les glucosides triterpéniques étant un groupe de substances auquel appartient la déoxyactéine. Dans la plupart des études, on a utilisé la préparation commerciale Remifemin®, un extrait normalisé d’actée à grappes noires (1 % d’actéine).
  • Teinture : 5 à 30 gouttes diluées dans un fond d’eau 2 à 3x/jour.
  • Rhizome et racines séchés (sous forme de gélules) : Il est conseillé de prendre de 250 mg à 500 mg par jour en 2 ou 3 prises à distance des repas.
  • Décoction. Porter à ébullition 500mg à 2g de racine et de rhizome séchés dans 200 ml d’eau. Filtrer avant de boire.
  • Contre-indications : grossesse et allaitement.
  • Précautions : quelques malaises gastro-intestinaux recensés et des cas de toxicité hépatique ont été rapportés.

Pour rappel : je ne suis ni médecin, ni pharmacien. Un conseil en phytothérapie ne remplace pas un avis médical. Ces informations sont données à titre informatif.

Si vous désirez aller plus loin avec un suivi personnalisé, vous pouvez prendre rendez-vous ici.

Galénique herboristerie traditionnelle