Soins de support en cancérologie

Les soins de support en cancérologie, ainsi que l’utilisation de la phytothérapie et des pratiques dites « non-conventionnelles », suscitent des débats importants quant à leur efficacité et leur sécurité.

Voici l’argumentaire habituel (que j’entends parfaitement) :

  1. Tout d’abord, les soins de support en cancérologie, bien que visant à améliorer la qualité de vie des patients, peuvent parfois détourner l’attention des traitements conventionnels éprouvés, tels que la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie, qui ont des bases scientifiques solides et des taux de succès mesurables.
  2. En outre, la phytothérapie et les pratiques non-conventionnelles souffrent souvent d’un manque de rigueur scientifique. Les preuves de leur efficacité sont souvent anecdotiques et reposent sur des études de faible qualité, sans contrôles rigoureux ni validation par des essais cliniques randomisés.
  3. Par ailleurs, ces approches peuvent comporter des risques significatifs d’interactions avec les traitements conventionnels, pouvant réduire leur efficacité ou augmenter leur toxicité. Promouvoir ces méthodes sans preuves solides peut engendrer des faux espoirs chez les patients et potentiellement nuire à leur traitement global.

Argumentaire en faveur des soins de support en cancérologie, en particulier la phytothérapie

Les soins de support en cancérologie jouent un rôle complémentaire crucial aux traitements conventionnels. Plutôt que de détourner l’attention des traitements éprouvés, ils visent à améliorer la qualité de vie des patients en atténuant les effets secondaires sévères souvent associés aux traitements classiques.

Complémentarité et holisme des soins : Les soins de support en cancérologie, y compris la phytothérapie, ne se substituent pas aux traitements conventionnels mais les complètent. Ils offrent une approche holistique qui prend en compte le bien-être physique, émotionnel et mental des patients. Par exemple, des études montrent que certaines plantes peuvent aider à réduire la nausée, la fatigue et d’autres symptômes liés aux traitements anticancéreux, ce qui peut améliorer l’adhérence des patients à leurs traitements principaux.

Émergence de preuves scientifiques : Bien que la phytothérapie ait été critiquée pour un manque de rigueur scientifique, il y a une croissance significative dans les recherches rigoureuses et les essais cliniques qui examinent ses effets. Des plantes comme le gingembre pour la nausée induite par la chimiothérapie ou le curcuma pour ses propriétés anti-inflammatoires font l’objet d’études scientifiques prometteuses. Le nombre croissant d’essais cliniques et de méta-analyses contribue à établir des bases plus solides pour l’utilisation de la phytothérapie en oncologie.

Réduction des effets secondaires : L’un des avantages majeurs des soins de support en cancérologie par la phytothérapie est la gestion des effets secondaires des traitements conventionnels. Par exemple, l’utilisation de plantes adaptogènes peut aider à gérer le stress et la fatigue, des symptômes courants post-traitements. En réduisant ces effets secondaires, les patients peuvent maintenir une meilleure qualité de vie et être plus résilients face à leurs traitements principaux.

Moins de toxicité et plus de personnalisation : Contrairement à certains médicaments conventionnels, les plantes médicinales, lorsqu’elles sont utilisées correctement, présentent généralement une toxicité moindre. Elles permettent aussi une personnalisation des soins en fonction des besoins spécifiques de chaque personne, offrant une approche plus individualisée et douce.

Synergie et intégration avec les traitements conventionnels : De nombreux oncologues reconnaissent désormais l’importance d’une approche intégrative (on citera ici le Dr Jean-Loup Mouysset et son Centre Ressource à Aix-en-Provence, un modèle en la matière), où la phytothérapie et les soins de support sont utilisés en synergie avec les traitements conventionnels. Cette intégration permet de maximiser les bénéfices thérapeutiques tout en minimisant les effets secondaires et en améliorant le bien-être général des patients.

Éducation et encadrement des patients : Promouvoir une utilisation encadrée et informée de la phytothérapie ne crée pas de faux espoirs, mais plutôt une compréhension réaliste des bénéfices possibles et des limitations. L’éducation des patients et des professionnels de santé sur les interactions potentielles et la gestion appropriée des plantes médicinales permet d’intégrer ces pratiques de manière sûre et efficace.

De l’importance des soins de support en cancérologie

Prenons un instant pour parler des soins dits « de support » en cancérologie, ceux qu’on appelle parfois complémentaires, parfois holistiques — un mot que j’emploie avec réserve tant il est devenu flou à force d’être utilisé dans tous les sens.

Dans ma pratique, je vois chaque jour ce qu’un accompagnement global peut apporter. Et je ne parle pas ici de protocoles complexes ou de solutions miracles. Je parle d’attention, d’écoute, de temps accordé à la personne dans sa globalité, au-delà des chiffres et des diagnostics.

Souvent, la première chose que me disent les personnes qui viennent me consulter, c’est : « Merci de m’avoir écouté. » Et pourtant, à ce moment-là, je n’ai encore rien proposé, rien conseillé. Juste pris le temps d’être là, de les laisser dérouler leur histoire, leurs inquiétudes, leurs ressentis. Ce simple espace, parfois, manque cruellement dans les parcours de soin classiques.

Les soins de support, c’est aussi cela. Ce n’est pas une discipline unique, mais un ensemble d’approches et de postures qui visent à accompagner la personne, et pas uniquement la maladie. Ce n’est pas une médecine parallèle, c’est un complément, un appui, un prolongement du soin médical.

Quand on traverse une maladie comme le cancer, on ne traverse pas seulement un protocole. On traverse des peurs, des douleurs, des remises en question. Le corps change, la fatigue s’installe, le quotidien se modifie, les repères se brouillent. Et dans ces moments-là, les soins de support peuvent jouer un rôle essentiel. Pas parce qu’ils prétendent guérir, mais parce qu’ils aident à traverser.

J’ai accompagné des proches touchés par la maladie, certains jusqu’à la fin de leur vie. Ce que j’en retiens, c’est que le soin ne se limite pas à la chimio, à la chirurgie, ou aux examens. Le soin, c’est aussi être là, faire une soupe quand l’appétit revient, envoyer des petits messages qui changent les idées, conseiller des tisanes pour essayer de soulager les maux,  parler sans tabou de ce qui fait peur. C’est aider la personne à retrouver un peu de confort, un peu de souffle, un peu d’ancrage.

Dans ce cadre, les soins de support peuvent prendre mille formes : massage, accompagnement nutritionnel, phytothérapie, respiration, hypnose, art-thérapie, groupe de parole… Aucun n’est miraculeux. Mais tous, à leur manière, contribuent à faire du bien là où le parcours médical ne va pas toujours.

On pourrait croire que ce n’est pas grand-chose. Mais ceux qui ont traversé l’épreuve savent que ce sont souvent ces « à-côtés » qui donnent la force de continuer. Une présence régulière, un moment de détente, une respiration guidée, un conseil pour mieux dormir… ça ne fait peut-être pas les gros titres, mais ça aide à tenir, et parfois même à retrouver un certain équilibre.

Et puis il y a l’humour, qu’on croit souvent absent de ces chemins-là. Pourtant, il est là, bien vivant. Dans une blague en salle d’attente, dans une réplique légère au milieu d’une séance difficile, dans ces petits instants qui font du bien sans prétention. Parce qu’on peut vivre des moments graves sans être grave en permanence. Parce que le rire, parfois, est une forme de résistance.

Alors non, les soins de support ne sont pas une solution magique. Mais ils peuvent offrir un soutien précieux. Ils sont là pour accompagner la personne dans toutes ses dimensions : physique, émotionnelle, relationnelle. Pour lui permettre de se sentir considérée dans ce qu’elle vit, avec ses forces et ses fragilités.

Et c’est peut-être ça, le cœur du soin : rester humain, ensemble, dans ce qui nous traverse.

Pour rappel : je ne suis ni médecin, ni pharmacienne. Un conseil en naturopathie et phytothérapie ne remplace pas un avis médical. Ces données sont partagées à titre informatif. Toute supplémentation doit être envisagée avec l’accord de votre médecin.

Vous pouvez télécharger mon PDF gratuit sur l’accompagnement en cancérologie ici.

Mon programme en ligne « Cancer. Au-delà des traitements : se construire » est disponible ici.

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