Achillée millefeuille (Achillea millefolium) : que fait-elle vraiment sur les troubles hormonaux féminins ?

SPM, endométriose, SOPK, fibromes et règles douloureuses

L’achillée millefeuille est une plante que l’on retrouve partout dès qu’il est question de troubles féminins : syndrome prémenstruel, douleurs de règles, endométriose, SOPK, fibromes, mastoses…

On la conseille facilement et presque automatiquement ! Et je me suis rendue compte qu’il existe un grand flou quant à son action hormonale, car parfois les sources se contredisent, même dans le milieu de l’herboristerie. On la dit “oestrogénique”, puis “progestative”, d’autres parlent d’un effet “anti-œstrogénique”, certains évoquent une plante “régulatrice”… Bref une vraie jungle qui m’a fait moi-même douter de son action et revoir ma copie pour l’utiliser au mieux !

C’est ce gros “fourre-tout” 🙂 qui m’a donné envie d’écrire cet article.

Mais avant même de parler de l’achillée, il faut revenir à la base : les termes que l’on utilise. Parce que tant qu’on confond phyto-œstrogènes, plantes hormonales, lutéotropes ou “progestatives”… on passe complètement à côté de ce que font réellement les plantes. Et l’achillée en est probablement l’exemple le plus parlant… petite mise au point terminologique : nommer juste pour comprendre juste !

Plantes hormonales : pourquoi la confusion est si fréquente ?

Alors remettons ensemble de l’ordre dans les mots ! Parce que ce ne sont pas les plantes qui sont floues. Ce sont les catégories qu’on leur impose. L’être humain a cette capacité inée de toujours vouloir tout mettre dans des “boites”. Et là on mélange tout : œstrogénique, progestatif, régulateur, équilibrant…

Des mots qui sont “pratiques”, mais souvent biologiquement faux. Et c’est précisément là que naît la confusion autour de l’achillée, que l’on pense bien souvent à tort “oestrogénique”…

Plantes à phyto-œstrogènes : définition et mécanisme d’action

Les phyto-œstrogènes sont des molécules végétales structurellement proches de l’estradiol. Cette proximité leur permet de se lier aux récepteurs aux œstrogènes:

  • ERα (plutôt prolifératif)
  • ERβ (plutôt régulateur)

Mais, et c’est essentiel, leur affinité est faible, et leur effet modulateur. Ils ne remplacent pas une hormone, ils viennent occuper un espace biologique. Pour ces histoires de récepteurs, je vous renvoie à mon article sur phytoestrogènes et cancer hormono-dépendant si vous souhaitez creuser le sujet.

Exemples concrets

  • Glycine max (soja)
    → isoflavones : génistéine, daidzéine
    → affinité préférentielle pour ERβ
    → effet modulant, parfois anti-prolifératif
  • Linum usitatissimum (lin)
    → lignanes (SDG → entérolactone)
    → activité faible mais réelle sur ER
  • Humulus lupulus (houblon)
    → 8-prénylnaringénine (8-PN)
    → l’un des phyto-œstrogènes les plus puissants connus
  • Trifolium pratense (trèfle rouge)
    → biochanine A, formononétine
    → métabolisées en isoflavones actives

Ce qu’il faut comprendre : les phyto-œstrogènes ne sont ni des œstrogènes faibles, ni des hormones végétales. Ce sont des modulateurs de signal. Et il existe presque autant de phyto-oestrogènes que de plantes avec leurs subtilités moléculaires. Mais le sujet est tellement pointu et passionnant qu’il méritera bientôt un nouvel article et une vidéo dédiée.

Plantes “œstrogéno-mimétiques” : une autre logique

Ici, on change complètement de logique. Ces plantes n’ont pas forcément de structure proche de l’estradiol mais produisent un effet physiologique similaire. Par quels mécanismes ?

  • action sur les neurotransmetteurs
  • modulation enzymatique (aromatase)
  • interaction indirecte avec les récepteurs hormonaux

Exemples

  • Salvia officinalis (sauge)
    → contient thuyone, flavonoïdes
    → effet sur bouffées de chaleur
    → probablement central + neurovégétatif
  • Foeniculum vulgare (fenouil)
    → anéthol
    → activité œstrogène-like faible
  • Humulus lupulus (houblon)
    → cas intéressant : il est à la fois phyto-œstrogènique (8PN) ET œstrogéno-mimétique

Autrement dit : on n’est plus dans une question de structure, mais de résultat biologique.

Houblon (Humulus lupulus)

Plantes “lutéotropes” : stimulent-elles vraiment la progestérone ?

Là encore, énorme confusion. Une plante lutéotrope va agir sur la production de progestérone via l’axe hypothalamo-hypophysaire. Et non, elle ne contient pas de progestérone ! Point fondamental d’ailleurs : il n’existe aucune phyto-progestérone fonctionnelle chez l’humain !

Et la fameuse diosgénine de l’igname (Dioscorea villosa), vous me direz ? Voilà probablement l’un des malentendus les plus persistants en phytothérapie hormonale. La diosgénine est bien une molécule stéroïdienne, précurseur chimique intéressant : mais uniquement dans un contexte de laboratoire ! Elle a servi, historiquement, de matière première à la synthèse de la progestérone… par des procédés chimiques complexes, impliquant plusieurs étapes de transformation que seul un environnement industriel est capable de reproduire.

Autrement dit : oui, la diosgénine peut “donner” de la progestérone… mais pas dans le corps humain. Pourquoi ? Parce que notre organisme ne possède tout simplement pas les enzymes nécessaires pour convertir la diosgénine en progestérone. Cette voie de transformation n’existe pas physiologiquement chez l’humain. Elle est le fruit d’une ingénierie chimique, pas d’une biotransformation naturelle. Et c’est ici que le glissement marketing s’est opéré.

À partir d’un fait scientifique réel, c’est-à-dire l’utilisation de la diosgénine dans la fabrication de progestérone de synthèse, on a laissé entendre (implicitement ou explicitement) que consommer de l’igname pourrait soutenir, voire augmenter, la production de progestérone. Or c’est faux. L’igname sauvage ne “nourrit” pas la voie progestative. Elle n’est pas lutéotrope. Elle ne stimule pas le corps jaune. Elle n’augmente pas la progestérone endogène.

À ce jour, le gattilier (Vitex agnus castus) est la seule plante dont l’effet lutéotrope est clairement démontré, via une action centrale sur la prolactine et l’axe hypothalamo-hypophysaire. D’autres plantes peuvent améliorer la phase lutéale de manière indirecte, mais aucune n’a montré une capacité à stimuler de façon reproductible la production de progestérone. Je vous ai d’ailleurs fait un article complet sur le gattilier ici. Le reste des plantes sont des plantes “lutéotropes indirectes”, et nous allons y revenir.

→ action dopaminergique
→ ↓ prolactine
→ ↑ LH
→ amélioration de la fonction lutéale

Je vous explique simplement son action: le gattilier n’apporte pas de progestérone, il n’en contient pas, et il n’agit pas non plus comme une hormone de substitution. Son action est beaucoup plus subtile, beaucoup plus en amont. Il agit au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire, en modulant la sécrétion de prolactine via un effet dopaminergique. En diminuant la prolactine, il permet une meilleure libération de LH, et donc une amélioration de la fonction du corps jaune. C’est par ce détour (indirect mais physiologiquement cohérent) qu’il favorise une production endogène de progestérone en phase lutéale.

Autrement dit, le gattilier ne “donne” rien au corps. Il remet juste en mouvement une mécanique qui s’était enrayée. C’est toute la différence. Là où beaucoup de plantes sont qualifiées, parfois un peu rapidement, de “progestatives”, le gattilier, lui, agit réellement sur la dynamique hormonale. C’est une plante de régulation centrale, qui nécessite du temps, de la constance, et une certaine intégrité de l’axe endocrinien pour fonctionner. Et c’est précisément pour cela qu’elle est si intéressante dans les tableaux de syndrome prémenstruel, d’insuffisance lutéale ou d’hyperprolactinémie fonctionnelle.

Et où classer l’actée à grappes noires (Cimicifuga racemosa) vous me direz ? Et bien elle n’est ni phyto-œstrogénique (au sens strict), ni œstrogéno-mimétique classique, ni lutéotrope, ni lutéotrope indirecte. Elle a sa propre catégorie de plante “neuroendocrine modulatrice”. J’ai également écrit un article complet sur la plante ici, mais pour vous simplifier le propos voici un rapide résumé car l’actée à grappes noires est probablement l’une des plantes qui met le plus en défaut nos catégories habituelles. Pendant longtemps, on l’a classée parmi les plantes œstrogéniques, simplement parce qu’elle améliore les bouffées de chaleur. C’était logique. Trop logique. Mais en réalité, l’actée n’agit pas comme un phyto-œstrogène. Elle ne se comporte pas non plus comme une plante lutéotrope. Elle ne stimule pas les ovaires, ne remplace pas une hormone, et n’en mime pas fidèlement l’action. Elle agit ailleurs.

Son terrain d’action est central. Elle module les neurotransmetteurs impliqués dans la thermorégulation et l’équilibre neurovégétatif (sérotonine, dopamine, récepteurs opioïdes). C’est par cette voie qu’elle agit sur les symptômes de la ménopause, et non par une action hormonale directe. Autrement dit, elle ne corrige pas un déficit hormonal. Elle modifie la manière dont le corps vit ce déficit. Et c’est précisément pour cela qu’elle ne rentre dans aucune case.

Plantes “lutéotropes indirectes” : une régulation plus subtile

Bon on y arrive enfin à la catégorie de notre achillée ! Ces plantes “lutéotropes indirectes” :

  • ne stimulent pas la progestérone
  • ne miment pas la progestérone

Mais elles modulent l’environnement hormonal.

Par quels mécanismes ?

  • ↓ activité œstrogénique
  • modulation des récepteurs (ERα / ERβ)
  • action hépatique (métabolisme hormonal)
  • effet anti-inflammatoire pelvien

Vous l’aurez compris, on est ici dans une catégorie beaucoup plus subtile, et c’est précisément là que naît la confusion. Certaines plantes, souvent qualifiées à tort de “progestatives”, n’agissent en réalité ni en stimulant la production de progestérone, ni en mimant son action. Leur rôle est ailleurs. Elles modulent l’environnement hormonal global, en agissant sur différents leviers physiologiques : une diminution de l’activité œstrogénique, une modulation des récepteurs hormonaux (ERα et ERβ), un soutien du métabolisme hépatique des hormones, ainsi qu’un effet anti-inflammatoire au niveau pelvien. Ce n’est donc pas une action hormonale directe, mais une régulation du terrain, qui peut donner l’impression d’un rééquilibrage en faveur de la progestérone.

Les 2 exemples les plus classiques

  • Alchemilla vulgaris (alchémille)
    → tanins, flavonoïdes
    → effet utérin, astringent
    → régulation indirecte de la phase lutéale

L’alchemille est un cas particulier (mais finalement n’existe-il pas QUE des cas particuliers dans les plantes ?) car certains flavonoïdes agissent comme régulateur de la sécrétion ovarienne de progestérone. Typiquement elle est efficace dans les régulations hormonales en cas d’insuffisance progestative avec hyperoestrogénie relative. Bref, il va falloir que je lui consacre un article entier pour faire le tour correctement, pardon de mon interprétation quelque peu réductrice ici ;-).

  • Achillea millefolium (achillée millefeuille)

→ flavonoïdes : apigénine, lutéoline, kaempférol
→ activité :

  • modulation des récepteurs hormonaux
  • effet anti-œstrogénique partiel (apigénine)
  • action hépatique
  • spasmolytique utérin

L’erreur classique est de vouloir classer les plantes comme des hormones. Mais les plantes ne sont pas des hormones et ne remplacent pas des hormones. Elles modulent, amortissent ou réorientent. Et c’est exactement là que l’achillée devient intéressante. Parce qu’elle n’agit pas sur l’hormone. Mais sur le terrain qui la rend dysfonctionnelle.

Achillée millefeuille (achillea milefolium)

Achillée millefeuille (Achillea millefolium) : propriétés et action hormonale réelle

Comme vous l’aurez remarqué, j’ai pris pas mal de détours avant d’arriver à la plante dont je souhaitais vous parler aujourd’hui. Allez, on plonge dans l’analyse de l’achillée millefeuille. Enfin !

L’achillée contient une richesse de flavonoïdes (apigénine, lutéoline, kaempférol) qui lui confèrent une action profondément modulatrice. L’apigénine, en particulier, a montré une capacité à interagir avec les voies hormonales, notamment en modulant l’activité des récepteurs et en influençant certaines enzymes impliquées dans la synthèse des œstrogènes.

Je vous cite Wikiphyto : « L’apigénine (flavonoïde) bloque une étape de la chaîne de fabrication des œstrogènes, aussi bien dans des cellules cancéreuses en culture que dans d’autres types de cellules où la synthèse des œstrogènes est habituellement très active »

Mais attention à ne pas aller trop vite. Cela ne fait pas de l’achillée une plante “progestative”. Ni même une plante lutéotrope au sens strict. On est sur ce fameux effet “lutéotrope indirect”. L’achillée ne va pas augmenter la progestérone. Elle ne va pas stimuler le corps jaune et ne va pas corriger un déficit hormonal de manière frontale.

En revanche, elle va :

  • moduler l’activité œstrogénique
  • influencer la sensibilité des récepteurs (ERα / ERβ)
  • soutenir le métabolisme hépatique des hormones
  • calmer l’inflammation pelvienne
  • relâcher les spasmes utérins

Elle va travailler sur le terrain pour le rendre moins saturé, moins inflammatoire, moins “chargé” en œstrogènes… C’est là que naît cette impression d’un rééquilibrage en faveur de la progestérone. Mais en réalité, ce n’est pas la progestérone qui monte, c’est juste le système qui se réequilibre et qui s’apaise.

En pratique : ce que je vois en consultation

C’est une plante que j’utilise énormément, soit en infusion, soit en acoolature. Mais j’avoue que ma préférence va vers sa forme “tisane”, plus douce et circulante. 

L’achillée est vraiment utile dans tous les tableaux flous, diffus, chroniques… où plus rien ne fonctionne vraiment, où il faut mettre “un coup de balai” pour essayer de mieux comprendre ce qu’il se passe dans le cycle. C’est vraiment une plante de début de cycle (phase ovulatoire) donc du 1er jour des règles jusqu’à l’ovulation.

Je vous livre quelques-unes de mes utilisations de la plante:

  • Déjà je vous rappelle que l’achillée est une astéracée et donc qu’elle contient pas mal de lactones sesquiterpéniques. Conséquence : c’est une digestive amère qui aide les foies encrassés à éliminer l’excès d’oestrogènes. Donc les cas d’hyperoestrogénie, on pense « achillée » tout de suite !
  • Elle est astringente et cicatrisante, et aide pour les douleurs de l’endométriose.
  • Très circulatoire, je l’utilise en tisane lorsque congestion du petit bassin, lorsque les saignements sont oxydés et marrons, et qu’il faut remettre du “mouvement” dans ces stases.
  • Règles abondantes et hémmoragiques : grande hémostatique, et aussi grâce à son action circulatoire, elle fait un beau travail de “nettoyage”. Mais elle peut également “faire saigner” dans une perspective d’évacuation du trop plein.
  • Elle aide les cycles à redémarrer. Quand tout est flou, elle permet de relancer correctement des cycles en la prenant du 1er jour des règles jusqu’à l’ovulation.
achillée millefeuille et troubles hormonaux féminins

Achillée millefeuille et SPM avec congestion, irritabilité, douleurs

Typiquement :

  • seins tendus
  • bas-ventre lourd
  • irritabilité marquée
  • sensation de gonflement

Donc souvent un terrain : hyperœstrogénique relatif, foie débordé, inflammation de bas grade

Achillée millefeuille et endométriose (formes inflammatoires)

Je ne l’utilise pas seule, évidemment. Mais elle a toute sa place dans certaines stratégies. Pourquoi ? Parce qu’on n’est pas uniquement face à un problème hormonal. On est face à :

  • inflammation
  • spasmes
  • stase pelvienne
  • hypersensibilité tissulaire

Et là, l’achillée agit à plusieurs niveaux :

  • antispasmodique du myomètre
  • anti-inflammatoire
  • modulatrice hormonale indirecte

Elle ne traite pas l’endométriose. Mais elle apaise le terrain qui la nourrit.

Achillée millefeuille et SOPK (formes “douces”, non métaboliques lourdes)

Dans certains SOPK :

  • cycles longs
  • ovulations irrégulières
  • dominance œstrogénique relative
  • inflammation

L’achillée peut aider à :

  • clarifier le cycle
  • diminuer l’inflammation
  • améliorer la qualité des règles

Mais là encore : elle ne remplace pas un travail de fond métabolique si nécessaire.

Achillée millefeuille et fibromes / mastoses

C’est là que je la trouve particulièrement intéressante. Dans ces tableaux :

  • excès d’œstrogènes
  • congestion
  • tissus sensibles, réactifs

L’achillée va :

  • moduler l’environnement hormonal
  • améliorer le drainage
  • réduire la tension tissulaire

Comment utiliser l’achillée millefeuille en pratique ?

Après toute cette mise au point, une question revient naturellement : comment l’utiliser concrètement, et surtout… comment bien l’utiliser ? Car c’est souvent là que tout se joue. Une plante pertinente… mal utilisée, au mauvais moment, ou sous une forme inadaptée, peut perdre une grande partie de son intérêt (voire créer plus de confusion que de bénéfices).

Tisane, alcoolature : quelle forme choisir ?

En pratique, j’utilise principalement l’achillée sous deux formes : la tisane et l’alcoolature (et non la teinture ! L’alcoolature est la plante fraiche qui a macéré dans l’alcool, la teinture est la plante sèche et elle n’a que peu d’effet dans mes retours de terrain).

La tisane est, de loin, la forme que je privilégie. Elle extrait les principes actifs de manière douce, progressive, physiologique. C’est une forme mieux tolérée, plus adaptée aux terrains sensibles et idéale dans les troubles chroniques et diffus. Elle accompagne, régule et ne “brusque pas”. Et elle « fait circuler ».

L’alcoolature, à l’inverse, est plus concentrée, plus rapide dans son action… mais aussi plus “directive”. Je l’utilise avec davantage de prudence, notamment chez les femmes très réactives sur le plan hormonal. Il n’est pas rare d’observer des spotting ou une légère perturbation du cycle. Non pas parce que la plante est inadaptée, mais parce que la forme est trop intense pour le terrain. Autrement dit : même plante, effets différents selon la galénique.

Conseil d’utilisation et moment du cycle

L’achillée millefeuille n’est pas une plante que l’on prend “au hasard”. Son efficacité repose en grande partie sur le bon timing, comme toutes les plantes dites “hormonales”. En pratique, je l’utilise principalement en première partie de cycle :

  • du 1er jour des règles
  • jusqu’à l’ovulation

Pourquoi ? Parce que c’est là qu’elle est la plus pertinente pour :

  • relancer une dynamique de cycle
  • désengorger le terrain
  • moduler l’imprégnation œstrogénique
  • agir sur les phénomènes inflammatoires précoces

C’est une plante de remise en mouvement. Dans certains cas (douleurs, congestion, endométriose), elle peut être utilisée plus largement sur le cycle, mais toujours avec une logique derrière.

Concernant les doses : elles doivent rester adaptées à la forme utilisée, au terrain, et à la sensibilité de la personne. Impossible de vous donner des dosages car ils sont à chaque fois personnalisés.

Précautions et effets indésirables

L’achillée millefeuille est globalement une plante bien tolérée. Quelques points de vigilance méritent d’être rappelés: c’est une plante de la famille des astéracées, donc prudence en cas d’allergie connue à cette famille. Sa richesse en lactones sesquiterpéniques peut, chez certaines personnes sensibles provoquer des réactions cutanées ou des troubles digestifs légers. Enfin, comme pour toute plante agissant sur la sphère gynécologique : prudence pendant la grossesse (usage déconseillé).

Pour rappel : je ne suis ni médecin, ni pharmacien. Un conseil en naturopathie et phytothérapie ne remplace pas un avis médical. Ces données sont partagées à titre informatif. Toute supplémentation doit être envisagée avec l’accord de votre médecin.

Vous pouvez télécharger mon PDF gratuit sur l’endométriose ici.

Achillée millefeuille tisane

Références

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  • https://www.wikiphyto.org/wiki/Accueil
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