Plantes médicinales et thyroïde

Renouer avec les alliées végétales du système endocrinien

 Je vais vous présenter une étude que j’ai dénichée, concernant les plantes médicinales utiles pour la thyroïde (Thyroid diseases: Pathophysiology and new hopes in treatment with medicinal plants and natural antioxidants), un travail minutieux mené par des chercheurs iraniens, qui plonge au cœur des dysfonctionnements thyroïdiens et des pistes naturelles pour les apprivoiser. Hypothyroïdie, hyperthyroïdie : ces deux visages opposés d’une même glande sont ici analysés sous l’angle de leurs mécanismes pathologiques, mais surtout à travers le prisme des plantes médicinales et des antioxydants naturels.

L’étude explore en profondeur les effets de plusieurs plantes identifiées par une recherche bibliographique rigoureuse, mettant en lumière leurs interactions avec la fonction thyroïdienne. Il y est question de stress oxydatif, qui s’attaque aux cellules et aggrave les déséquilibres hormonaux. Mais aussi de solutions : les antioxydants y sont présentés comme de véritables alliés pour contrer ces dérèglements et atténuer leurs effets délétères.

Plantes médicinales et thyroïde : pourquoi les envisager ?

La prise en charge des déséquilibres thyroïdiens repose aujourd’hui, dans la majorité des cas, sur des traitements de substitution ou de blocage hormonal. Ils sont parfois salvateurs, souvent nécessaires, mais ne répondent pas toujours à la complexité du terrain, ni à l’origine du dérèglement. Car une thyroïde qui s’emballe ou s’épuise ne le fait jamais seule : elle s’inscrit dans une dynamique plus vaste, influencée par le stress chronique, les carences nutritionnelles, l’état inflammatoire global, et parfois des réactions auto-immunes mal comprises.

C’est précisément là que les plantes médicinales trouvent leur place. Non pas en opposition aux traitements conventionnels, mais comme des soutiens complémentaires, subtils et progressifs. Certaines sont antioxydantes et protègent les tissus thyroïdiens de l’oxydation excessive. D’autres sont adaptogènes et aident l’organisme à mieux gérer le stress, véritable saboteur de l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien (HHT). Certaines encore agissent comme des modulateurs hormonaux doux, capables de tempérer une hyperactivité glandulaire ou de soutenir une fonction affaiblie.

Enfin, dans les cas d’origine auto-immune – Hashimoto ou Basedow – il devient pertinent de soutenir le système immunitaire en profondeur, sans l’exciter davantage. Là encore, certaines plantes se montrent capables d’intervenir avec intelligence : en restaurant une tolérance immunitaire, en apaisant l’inflammation de bas grade, en réparant les muqueuses souvent mises à mal.

Loin de la logique symptomatique, la phytothérapie invite à penser globalement, à soigner les causes, à respecter les rythmes du vivant.

Ce que je trouve intéressant dans cette publication, c’est qu’elle ouvre une porte concrète sur des alternatives thérapeutiques moins invasives. En s’appuyant sur la richesse de la pharmacopée traditionnelle, elle suggère que certaines plantes pourraient compléter, voire alléger, les traitements conventionnels (une demande qui revient très souvent en consultation !). Une approche prometteuse qui mérite que l’on s’y attarde, notamment pour celles et ceux qui cherchent des solutions avec moins d’effets secondaires.

Vous trouverez ci-dessous la liste des plantes évoquées dans l’étude, accompagnées de leurs effets sur la thyroïde tels qu’ils y sont décrits (je n’ai rien inventé, tout est détaillé dans l’étude mentionnée en référence si vous souhaitez y jeter un coup d’œil).

J’ai déjà consacré quelques articles à certaines de ces plantes : vous pouvez cliquer sur les liens pour en découvrir davantage. Quant aux autres, je prendrai le temps de les explorer plus en profondeur dans de prochains articles.

Plantes médicinales et thyroïde : revue de l’étude

Fucus vésiculeux (Fucus vesiculosus) : C’est une source riche en iode biodisponible, ainsi qu’en minéraux et vitamines bénéfiques pour la fonction thyroïdienne. Il peut également aider à réduire l’activité de la trans-sialidase, une enzyme associée à l’accumulation de cholestérol, ce qui peut être utile en cas d’hypothyroïdie associée à l’hyperlipidémie. Il est mentionné comme traitement pour les troubles thyroïdiens et comme supplément pour la perte de poids et l’iode, en particulier pour l’hypothyroïdie.

Avoine (Avena sativa) : Le grain vert contient des minéraux et de la vitamine B qui sont efficaces pour la santé et améliorent la fonction thyroïdienne.

Gotu kola (Centella asiatica) : Les feuilles contiennent des composés qui pourraient stimuler la synthèse de la T4.

Ashwagandha (Withania somnifera) : C’est l’une des rares plantes médicinales sans iode connues pour stimuler la fonction des hormones thyroïdiennes. Des études ont montré qu’elle augmente les niveaux de T4, et certaines indiquent une augmentation à la fois de la T3 et de la T4. Une étude sur des patients atteints d’hypothyroïdie a montré que l’Ashwagandha entraînait une fonction normale et une augmentation des niveaux de TSH, T3 et T4. Il est suggéré que la plante est plus efficace sur l’hypothyroïdie fruste que sur l’hypothyroïdie avancée. L’Ashwagandha contient des alcaloïdes stéroïdiens et de la saponine, impliqués dans l’augmentation de la production de T4 par la conversion de T4 en T3. Il a également des effets stimulants au niveau glandulaire et peut indirectement stimuler l’activité thyroïdienne en agissant sur le système antioxydant cellulaire.

Guggul (Commiphora mukul) : Il soutient la fonction thyroïdienne et peut être bénéfique pour augmenter l’absorption d’iode par la glande thyroïde et améliorer l’activité de la peroxydase. Il peut également diminuer le profil lipidique en soutenant la fonction de base du métabolisme thyroïdien. Le guggul contient des guggulstérones qui agissent sur le récepteur des acides biliaires et traitent les lipides. L’oléorésine de Commiphora augmente la réabsorption d’iode et l’activité de la thyroxydase, et l’extrait de guggul a une forte activité stimulant la thyroïde, augmentant également la production de T3. Des études préliminaires ont montré qu’il améliore la fonction thyroïdienne et augmente la conversion de T4 en T3.

Gingembre (Zingiber officinale): Il est riche en zinc, potassium et magnésium et possède des propriétés anti-inflammatoires, ce qui en fait un remède à base de plantes approprié pour la fonction thyroïdienne.

Bacopa monnieri : Il stimule l’activité thyroïdienne en augmentant la quantité de T4 et est utilisé pour traiter l’hypothyroïdie. Il semble stimuler ou libérer la T4 directement au niveau glandulaire, sans passer par la conversion périphérique de T4 en T3. Des études préliminaires ont montré qu’il augmente la T4 mais n’est pas efficace sur la T3. Il est rapporté comme traitement pour l’hypothyroïdie lorsqu’il est utilisé régulièrement.

Lin (Linum usitatissimum): Les graines aident à promouvoir la production d’hormones thyroïdiennes, réduisant la prédisposition à l’hypothyroïdie.

Cumin noir (Nigella sativa) : Une étude sur des patients atteints de thyroïdite de Hashimoto a montré que la poudre de Nigella sativa réduisait le niveau de TSH et augmentait les niveaux de T3 et T4.

Huile de coco : Des études préliminaires ont montré que l’huile de coco et d’autres graisses soutiennent la fonction thyroïdienne, probablement en activant les hormones thyroïdiennes dans le corps. Certains rapports ont montré une amélioration et une réduction du goitre.

Iris versicolor : Améliore la fonction de la glande thyroïde en augmentant la production de T3 et est utilisé pour traiter l’hypertrophie de la thyroïde.

plantes médicinales et thyroïde

Plantes médicinales utilisées pour traiter l’hyperthyroïdie dans l’étude :

Mélisse officinale (Melissa officinalis) : Elle affecte le blocage de la liaison de la TSH à son récepteur en influençant l’hormone et le récepteur lui-même. Elle empêche également la production d’AMP cyclique stimulée par les anticorps du récepteur de la TSH. Elle est traditionnellement utilisée pour traiter les symptômes de l’hyperthyroïdie tels que la tachycardie, l’insomnie et l’hyperactivité. L’extrait de M. officinalis augmente la sécrétion de TRH et les niveaux de TSH, ce qui entraîne une augmentation des niveaux de T3 et T4, qui peuvent finalement conduire à une diminution des niveaux de TSH par rétroaction négative. Elle est utilisée comme suppresseur thyroïdien.

Bois de Bél (Aegle marmelos) : Ses feuilles sont utilisées pour traiter l’hyperthyroïdie. Il a un meilleur potentiel pour réduire la T3. Une étude sur des rats hyperthyroïdiens a montré que le scopolétine des feuilles d’Aegle marmelos avait une activité antithyroïdienne.

Lycope (Lycopus europaeus) : Utilisé comme suppresseur thyroïdien qui arrête la fonction thyroïdienne et est l’une des plantes les plus efficaces contre les maladies thyroïdiennes. Il empêche la liaison des anticorps stimulant la thyroïde (dans la maladie de Basedow-Graves) à la thyroïde, empêche la production de TSH, réduit la désiodation périphérique de la T4 et inhibe le métabolisme de l’iode. Dans une étude sur 400 patients hyperthyroïdiens, le lycope a significativement réduit les symptômes.

Agripaume (Leonurus cardiaca) : Principalement une activité anti-inflammatoire pour traiter l’hyperthyroïdie, notamment les maladies auto-immunes, en réduisant l’inflammation et en inhibant la 5-déiodinase. Elle réduit également le stress cardiovasculaire associé à l’hyperthyroïdie.

Aloe vera (Aloe barbadensis) : L’extrait de feuille réduit les concentrations sériques de T3 et de T4, mais son taux d’inhibition peut ne pas être suffisamment efficace pour réduire fortement les hormones thyroïdiennes. Il pourrait être un meilleur choix pour les cas d’hyperthyroïdie légère car il ne produit pas d’effet toxique sur le foie. Sa feuille infusée est utilisée pour traiter l’hyperthyroïdie.

Brunelle (Prunella vulgaris): Contient de l’acide rosmarinique en abondance et a montré dans une étude sa capacité à traiter le goitre en cas d’hyperthyroïdie et d’hypothyroïdie en association avec un traitement médicamenteux.

Grémil (Lithospermum officinale): Empêche la TSH de se lier aux follicules thyroïdiens, réduit la désiodation périphérique de la T4 et réduit la sécrétion des hormones thyroïdiennes.

Romarin (Rosmarinus officinalis) : Contient une grande quantité d’acide rosmarinique qui influence l’effet de la TSH sur le site récepteur et empêche l’effet des immunoglobulines sur le récepteur de la TSH. Il réduit également le changement périphérique de T3.

Sauge (Salvia officinalis) : Exerce le même effet que le romarin.

Attier (Annona squamosa) : L’extrait aqueux de feuilles peut être utile pour améliorer l’hyperthyroïdie.

Rauvolfia serpentina : L’injection d’extrait de racine a significativement réduit les concentrations sériques de T3 et T4 chez des souris atteintes d’hyperthyroïdie induite par la T4.

Convolvulus pluricaulis choisy : Aide à améliorer les symptômes de l’hyperthyroïdie et possède des propriétés anti-inflammatoires.

Plantes médicinales avec un effet antithyroïdien général mentionnées dans l’étude :

Figuier (Ficus carica) : Un seul type d’hormone thyroïdienne, T3 ou T4, a été altéré par l’extrait de la plante

Grémil (Lithospermum officinale) : Affecte l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien et peut empêcher la désiodation périphérique de la T4. Les anciennes études montrent qu’il peut bloquer le récepteur de la TSH.

Bauhinia purpurea : Connu pour réguler les hormones thyroïdiennes.

Manguier (Mangifera indica) : Joue un rôle stimulant la thyroïde et de l’antiperoxydase.

Concernant le Coleus forskohlii, l’article mentionne qu’il augmente la production et la sécrétion d’hormones thyroïdiennes et peut aider à maintenir leur niveau. Les feuilles de C. forskohlii sont recommandées pour l’hypothyroïdie dans certains cas. Il stimule l’adénylate cyclase et a donc été recommandé pour réduire l’effet de la TSH car l’adénylate cyclase activée se lie au récepteur de la TSH. La forskoline, un composé obtenu à partir des feuilles de C. forskohlii, augmente la synthèse de T4 par les follicules thyroïdiens.

Pour rappel: je ne suis ni médecin, ni pharmacien. Un conseil en phytothérapie ne remplace pas un avis médical. Si vous souffrez de problèmes thyroïdiens, il est essentiel de consulter votre médecin pour un diagnostic approprié et un traitement adapté à votre situation particulière. 

Vous pouvez télécharger mon PDF gratuit sur les troubles thyroïdiens ici.

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